Journal de fouille 2010   6 comments

LA PREMIÈRE SEMAINE DE LA MISSION

Une première semaine passée entre St. Florent et Oletta pour la préparation de la campagne de fouille sur le site de la Mortella III.

Les 6, 7 et 8 septembre ont été consacrés à la mise en place du chantier, l’armement du bateau, le mouillage, les épissures, les chaînes, la sécurité ainsi que la remise à l’eau du Scola Maris II, à laquelle toute l’équipe a assisté. A ceci s’est ajouté l’installation de la centrale de gonflage dans la camionnette de SEAS, celle de la réserve d’oxygène à quai,  l’organisation de l’espace, ainsi que le test des motopompes et l’armement de suceuses à eau pour le travail de fouille archéologique.

A gauche: le Scola Maris II, au centre: la mise en place des suceuses. A droite: la station de gonflage des bouteilles

Le 9 septembre, le laboratoire a été installé dans une salle de l’Hôtel Bellevue mise à disposition tout près du port pour l’étude et la conservation préventive du mobilier. Philippe de Viviés de la société A-Corros basée à Arles, a mis en place avec  l’équipe de SEAS les protocoles de conservation jusqu’à leur stockage prévu dans les réserves du Musée de Bastia.

Le laboratoire, situé à l’hôtel Bellevue (St-Florent)

Imma Rigo, conservatrice-restauratrice du Musée de Minorque et Maite Segura archéologue-muséographe, gèrent au quotidien l’ensemble des pièces archéologiques à traiter en fonction de leur nature (lithique, céramique, verre, métal). Dominique Casamarta, étudiant en archéologie de l’Université Pasquale Paoli, est chargé de l’enregistrement et du conditionnement des objets à bord.

En attendant l’arrivée des premiers objets, Jesus Guevara, archéologue de l’Université d’Alcala (Madrid) et Grégory Hardy, dessinateur et photographe du service d’archéologie de Wallonie (SPW, Belgique), ont mis en œuvre le blog de notre “journal de bord” sur le web.

Les 10, 11 et 12 septembre, notre dispositif de plongée est organisé sous la supervision de Didier Sanchez, notre C.O.H. Les plongeurs remettent en place les points de repère qui avaient initialement mis en place sur le site. Ils  matérialisent ensuite l’aire de fouille: un rectangle de 4m X 7m orienté perpendiculairement à l’axe de la quille.

LA SECONDE SEMAINE DE MISSION

Le 14 septembre profitant de la bonne visibilité sur le site, Arnaud Cazenave de la Roche,  responsable de la mission,  réalise une couverture photo et vidéo de l’épave à la suite du premier nettoyage effectué à la suceuse. Une dizaine de boulets de canons en pierre éparpillés sur l’aire de fouille sont positionnés par triangulation. Rapidement le bois apparaît découvrant la carlingue du vaisseau orientée NE-SW. L’ajout d’un carroyage supplémentaire sera nécessaire sur le rectangle de fouille pour commencer bientôt le relevé de la carène.

Le 15 septembre, une deuxième suceuse est installée, les premiers boulets positionnés sur notre aire de fouille sont remontés en surface, d’autres apparaissent plus enfoncés dans un sédiment compact composé de pierres et de gravier de lest. Au regard du nombres d’éclats de boulets dispersés sur l’aire de fouille, il apparaît de plus en plus clairement qu’un violent combat naval a  eu lieu avant que le navire ne sombre. Le bois calciné témoigne aussi de l’incendie qui s’est déclaré à bord avant le naufrage.

Le 16 septembre par beau temps, les deux motopompes ronflent à l’avant du Scola Maris II. Les numéros d’inventaire ont été reportés sur les étiquettes lestées afin de désigner les boulets et autres objets mis au jour au fond avant leur positionnement en plan. A 11h00 du matin, huit boulets dont trois parfaitement conservés, sont déjà à bord.

Le tumulus A et les boulets de canon en pierre

Le 17, le 18 et le 19 septembre, la fouille se poursuit à un rythme lent car le sédiment est composé d’un gravier de lest lourd et compact dont les composants sont cimentés entre eux, rendant le travail difficile et lent. Peu à peu les premiers éléments de la charpente longitudinale apparaissent, dont une structure qui, comme nous l’espérions, semble bien être l’emplanture du grand mât.

Jusqu’à ce jour le travail au laboratoire se poursuit avec l’enregistrement systématique et les photos de tout ce qui est remonté, objets et échantillons. A terre un carroyage est monté pour être prochainement installé sur l’aire de fouille pour les relevés transversaux et la couverture photographique.

LA TROISIEME SEMAINE

Profitant d’une météo clémente les plongeurs continuent de dégager l’épave de l’importante épaisseur de gravier de lest à l’aide des deux suceuses et de sacs, dont le contenu sera utilisé pour recouvrir le rectangle de fouille à l’issu de la campagne. Le sédiment est pauvre en matériel archéologique. Un peu de céramique et de verre sont mis au jour, mais peu de chose au regard de la taille du bâtiment. Cependant, les structures de la coque étant profondément enfouies, on suppose que des objets pourront être conservés dans les niveaux inférieurs. Ces structures de bois sont massives et bien conservées, nous espérons commencer les relevés au plus vite. Du métal, du cordage brûlé et des concrétions de cuivre sont prélevés comme échantillons.

Deux sondages supplémentaires sont positionnés. L’un à l’est au niveau du tumulus B où la présence de bois pourrait attester d’une seconde épave ; l’autre, situé au sud du tumulus A dans l’axe de la quille.

Stephane Jamme, chargé de la photographie du chantier, prend des clichés du site et du rectangle de fouille à différents moments afin de conserver les traces des états d’avancement du travail et d’aider à l’interprétation des éléments hors de l’eau.

Le 23 septembre, nous recevons la visite du DRASSM représenté par Franca Cibecchini, Lila Reboul et Christian Peron. Visite du site et du laboratoire de fouille.

Aujourd’hui samedi 25 septembre un fort vent de nord-ouest rend les manœuvres délicates et la visibilité trop réduite pour de bonnes photographies. Cependant le dégagement entre les charpentes s’effectue aisément et Arnaud prend les premières côtes des membrures.

Le massif d’emplanture du grand mât. Un ensemble rare à observer sur une épave du XVIème s. Photo S. Jamme

Suite au fort vent de nord ouest de ces derniers jours, nous sommes aujourd’hui sur une mer bleu marine et sous un ciel pur. La première palanquée est à l’eau, des photos sont prises avant le début de la fouille afin de garder en mémoire l’état d’avancement de la veille au soir. Nous ferons de même en fin de matinée et d’après midi car nous arrivons maintenant sur les parties délicates de l’épave. Nous avons maintenant dégagé la carène au niveau de la maîtresse section du bâtiment Chaque élément doit être dégagé, identifié, dessiné et positionné.

L’événement important de la mission est la mise au jour de l’emplanture du grand mât, une structure en bois qui a très rarement eu l’occasion d’être étudiée sur cette période. L’hiloire, une structure en bois rectangulaire qui entoure l’emplanture est parsemé de pièces de bois enchevêtrées  qui portent d’import antes traces de calcination.

Initialement, nous ne pouvions nous expliquer la présence de bois brûlé à cœur à ce niveau de l’épave. Mais rapidement, nous réalisons que ces pièces proviennent de effondrement des parties supérieures  du navire due à l’incendie qui s’y est déclaré.  Le bois brûlé et les fragments de cordage tombés sont enlevés au fur et à mesure et après photos, pour atteindre les pièces de bois originales soutenant le pied de mât.

Les membrures s’alignent les unes après les autres, le plan général commencé en 2007 se complète peu à peu.  Max Guérout qui est venu nous rendre visite établit des parallèles intéressants entre les structures découvertes et celles de la Lomellina (Villefranche s/mer, 1516). Chaque détail du relevé de la charpente qui est complété plongée après plongée aide à la reconstitution du mode de construction et d’assemblage de la coque.

Vue générale de l’aire de fouille. A gauche l’hiloire qui encadre le massif d’emplanture. Au centre le départ des membrures et la première serre. Photo Stéphane Jamme.

Plusieurs membrures s’agencent perpendiculairement à la quille, les genoux s’articulent après la troisième serre, les serres insérant les membrures parallèlement à l’axe du bateau.  Les éléments de charpente au niveau duquel nous travaillons sont très bien préservés.

Des repères sont posés au niveau à bulle afin de prendre les coupes et les inclinaisons transversales. L’hiloire offre l’opportunité  de pouvoir mesurer le degré d’inclinaison transversal et longitudinal du navire car il est plan par rapport à la quille. D’après les calculs, l’épave remonte sur l’avant selon un plan incliné d’un peu moins de 4°.

Mardi 28 septembre. Après le briefing, les palanquées se mettent à l’eau tour à tour. Il s’agit de bien dégager le sédiment qui recouvre les membrures et le massif d’emplanture qui comporte des pièces de bois fragiles. Deux boulets en pierre de petit calibre et plusieurs fragments de cordage calciné sont dégagés. Le site évolue, la structure se précise, les interrogations se multiplient concernant l’assemblage des différentes pièces de charpente. Le recours aux clichés est essentiel et aide en temps réel à la validation des hypothèses concernant les caractéristiques de ce type de navire d’une part, et ses particularités d’autre part.

Relevé des membrures. Photo C. Gerigk

Le 29 septembre par temps calme et bonne visibilité, l’opération de pose d’un carroyage en aluminium est organisé sur le secteur de fouille. Cette structure parfaitement nivelée permettra de réaliser plusieurs coupes transversales et longitudinales du navire. La structure en aluminium est descendue le long du mouillage et posée à niveau, perpendiculairement à l’axe de la quille.

Alors que le rectangle de fouille est presque entièrement propre, les priorités sont multiples : étudier le massif d’emplanture, étudier les membrures, l’assemblage des genoux aux varangues, la façon dont sont fixés les bordés aux membrures ainsi que la vérification d’un possible doublage en plomb.

Une pièce de grande importance  est à l’étude au fond. Il s’agit du corps de pompe de cale en bois dégagé par Gilles Drogue. La présence d’une telle pièce est très rare sur une épave de cette époque compte tenu de sa fragilité. On se réfère notamment à la Lomellina et à la Mary Rose pour connaître la façon dont son mécanisme fonctionnait. La pièce repose dans le massif d’emplanture. Circulaire d’environ 60cm de haut pour un diamètre d’environ 30cm, elle était assemblée en deux parties fixées par des tenons et des mortaises et renforcée par une ligature dont les traces sont encore visibles sur l’extérieur du bois.  Bientôt, nous trouverons la base de ce corps de pompe

Au laboratoire, les boulets de canon sont nettoyés, dessalés et étudiés par Maite Segura. Les dessins sont repris numériquement par Samantha Heitzmann, étudiante en archéologie à l’Université de Paris I. Une inscription en forme de A est retrouvée sur l’un d’entre eux.

A gauche: le corps de pompe. Au centre: Grégory, la photographie du mobilier. A droite; Samantha modélise les formes de la carène

LA QUATRIEME SEMAINE DE FOUILLE

Au cours de la quatrième semaine, nous terminons de dégager le sédiment de notre aire de fouille qui, désormais, est complètement au jour. Nous trouvons l’extrémité tribord de la muraille qui se prolonge jusqu’au début des premières allonges. Une petite partie du sédiment est dégagée sous la coque dans le but de pouvoir observer la partie extérieure du bordé. Il se confirme que la carène n’était pas pourvue d’un revêtement en plomb, comme c’était courant à l’époque. Du côté bâbord, elle n’est conservée que jusqu’à l’extrémité des varangues.

La fouille se poursuit après l’installation du carroyage. Photo C. Gerigk

Le relevé de la charpente se poursuit. Alexandra Barbot travaille à terminer le relevé du massif d’emplanture.  Joë Guesnon note que tous les couples du côté tribord sont brisés au niveau de l’assemblage entre les varangues et les genoux. Cette cassure, qui avait déjà été observée sur l’aire de sondage de l’année 2007, provoque un affaissement de la carène sur la partie tribord du vaisseau qu’il faudra prendre en compte dans l’analyse des formes pour pouvoir restituer son plan de coupe original.

En fin de semaine, nous terminons d’installer les gabarits du carroyage en aluminium que nous plaçons à environ un mètre au dessus de notre aire de fouille. Ces deux carrés de 3,50 mètres de côtés sont parfaitement nivelés à l’aide de niveaux à bulle. Une règle graduée de 3,60 m qui repose sur les gabarits nous permet de réaliser plusieurs coupes transversales de l’aire de fouille et de commencer à dessiner le profil de la carène.

Christoph Gerigk nous rejoint avec sa camionnette chargée de matériel destiné à la réalisation de la photomosaique du site. Il met en œuvre un scooter sous-marin équipé d’un appareil photo pour les prises de vue.

LA CINQUIEME SEMAINE DE FOUILLE

Nous nous penchons sur la réalisation d’un sondage sur le tumulus B. Le site de la Mortella III présente en effet une structure bifide avec la présence de deux tumulus qui correspondent à deux ensembles archéologiques bien distincts qui se rejoignent dans la partie Nord-Est du site. Notre but est de tenter de déterminer si nous avons à faire à deux épaves qui auraient pu couler bord à bord, ou bien si le second tumulus (tumulus B) est le produit d’un fractionnement d’une partie de l’épave située sous le tumulus A.

Les palanquées se succèdent à la suceuse : Normann Clément, Cédric Bourdeaud’hui, Joë Guesnon et Antoine Couppey mettent au jour rapidement des structures en bois de forte section qui se croisent. Elles soutiennent des planches de 5 cm d’épaisseur placées can à can qui semblent être des virures de bordés. Au regard de ces structures et de l’organisation de l’épave du tumulus A, l’appartenance de la charpente découverte sur le tumulus B à celle du tumulus A paraît très difficile. L’hypothèse d’une seconde épave semble donc beaucoup plus probable. Mais seule la fouille d’une aire de plus grande surface susceptible de mettre au jour des pièces de bois clairement identifiables d’un ensemble architectural permettra d’être catégorique.

Au cours de cette cinquième semaine, nous achevons aussi la réalisation des relevés de coupes longitudinales de la carène de notre épave.

Relevé de la coupe longitudinale de la carène. Photo A. de la Roche

Le samedi, une deuxième petite aire de sondage baptisée SA/10 située dans la partie Sud-ouest du tumulus A est étudiée. Son objet était de tenter de mettre au jour l’extrémité avant de la quille. Mais de grosses concrétions métalliques font obstacle au travail. Il faudra prévoir une aire de sondage plus grande et investir un temps plus important que celui initialement prévu pour réaliser cet objectif au cours d’une prochaine campagne.

Prélèvement des échantillons de bois pour l’étude dendrochronologique. Photo A. de la Roche

Les derniers jours de cette semaine sont enfin consacrés aux prélèvements de bois destinés à l’analyse dendrochronologique. C’est Marta Dominguez du Nederlands Centrum voor Dendrochronologie qui réalisera cette étude. Xavier Coquoz qui nous a rejoint de Suisse avec son équipe nous aide à réaliser ce travail. Une tronçonneuse hydraulique est mise en œuvre. Cet outil nous permettra de réaliser des coupes nettes et rapides sur des pièces de bois significatives (bordé, membrure, etc.). Une découpe manuelle à la scie par cette profondeur eut été très difficile et fastidieux.

LA SIXIEME SEMAINE

La fouille arrive à son terme. Lundi et mardi, les dernières mesures sont prises, les derniers relevés sont effectués. Puis vient le temps du réensablage du site, une opération indispensable pour empêcher l’activité organique et permettre sa préservation. Alain Bertoncini et Sylvain qui sont venus nous rejoindre nous aide à la réalisation de ce travail fastidieux. Le carroyage est démonté et remonté à la surface avec tous les outils qui se trouvaient au fond.

Notre mission de fouille 2010 s’achève avec le sentiment d’avoir participé à un beau travail d’équipe où la contribution de chacun, l’apport de son savoir-faire, de sa connaissance et de son expérience dans son domaine a permis que les objectifs qui avaient été fixés soient atteints. Le pari n’était pourtant pas gagné d’avance. Les conditions de travail étaient difficiles : le site, profond (37 m), n’autorisait que 50 mn de travail sur le fond par plongeur/jour. Les conditions de visibilité n’étaient pas toujours bonnes,  et l’eau était souvent froide (régulièrement moins de 15°). Malgré cela, l’expérience, l’investissement personnel, les efforts et la bonne humeur de chacun ont permis la réalisation d’un bel ouvrage collectif.

Sur le plan scientifique, la moisson d’information est très satisfaisante et cela en dépit de la rareté du mobilier. La détermination de l’aire de fouille 2010 s’est révélée être un bon choix avec la mise au jour de parties particulièrement importantes de l’architecture du bâtiment comme le massif d’emplanture de son grand mât. Maintenant un long et passionnant travail d’analyse commence. Il permettra de mieux comprendre la façon dont on naviguait à bord des grands vaisseaux à l’époque de la Renaissance et de mieux comprendre la façon dont étaient conçus et construits ces étonnantes machines flottantes qui sont au cœur de notre histoire, ces « galions » dont on parle souvent mais dont-en définitive- on sait encore très peu de choses.


Posted 16 September 2012 by CEAN

6 responses to “Journal de fouille 2010

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  1. De tout coeur avec vous.
    Merci pour cette super bonne idée de blog;c’est du boulot mais c’est tres efficace.
    Bon courage et bonne fouille a toutes et tous.
    Dans l’attente d’en lire d’avantage………….
    Amicalement
    Michel

  2. Bonjour Arnaud et Maite,

    Tos nos voeux vous accompagnet et on vas suivre l’avancée des fouilles au jour le jour avec un immense intérêt.

    Toutes nos amitiés.

    Jérôme & John

  3. Salut! C’est Víctor de Toulouse.
    C’est très intéressant ce que vous faîtes et aussi d’en laisser une mémoire; n’arrêtez pas. Vous allez créer une nouvelle page dans l’histoire!

    Víctor

  4. Très intéressant blog. plongée sous-marine avec l’histoire devrait être Aucun privilège n’est pas accessible à tous.

    Un câlin et beaucoup d’encouragements de Barcelone

  5. Bonjour Arnaud et Maité, je vous suit depuis le Mexique et vous entend parler de boulets et d’éclats de boulets. C’est super, je suis toujours partant pour la suite : diversité de ces boulets en calibre et en état de fabrication dans la chaîne opératoire.
    à bientôt et je vous souhaite de belles découvertes depuis le monde olmèque.
    François

  6. Salut à toute l’équipe et les lecteurs du journal de borde. J’ai trouvé le reportage émis dans France 3, vous envoie le link pour que vous puissiez le voir. Une très forte embrassade.
    Le reportage sur france 3:

    http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=RNAT_100807S236_070820100000_F3

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